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Mon histoire d’Amour avec le Trail – Texte d’Olivier Le Méner

Après avoir recueilli beaucoup d’histoires inspirantes d’humains extraordinaires qui grandissent grâce au trail running, mon ami Glenn Losier me posa la question : « Et toi Olivier, c’est quoi ton histoire d’Amour avec ce sport? »

 

Il y a plusieurs chapitres à mon histoire alors commençons donc par le commencement. Tout jeune, j’avais besoin et le goût d’être en action constamment (Ceux qui me connaissent personnellement aujourd’hui me diront que ça n’a pas vraiment changé…). Je me souviens même très bien me déplacer à l’âge de 8 ans jusqu’à l’école du Centre 1  Nogent le Rotrou en France tous les matins, rentrer manger chez moi tous les midis et revenir les soirs à la course avec mes amis et un ballon de foot collé au pied inspiré par le célèbre dessin animé « Olive et Tom », je ne sais pas s’il a été diffusé au Canada ? (vous l’aurez compris, je suis français d’origine). On cachait notre ballon dans des buissons avant d’arriver à l’école, on n’avait pas le droit de se promener dans l’école avec notre ballon. Bien embêtant, je craignais toujours de me le faire voler… Je sortais des cours tout excité, c’était devenu pour moi une source de motivation à faire mes devoirs le plus vite et le mieux possible pour pouvoir sortir m’amuser dehors toujours plus rapidement!

Touche à tout, j’ai pratiqué de multiples sports : gymnastique, judo, basket, soccer… jusqu’à tomber amoureux des sports de glisse à l’adolescence : skateboard, planche à voile, snowboard… le snowboard ayant d’ailleurs développé mon amour et respect sincère pour la montagne.

C’est à l’âge de 23 ans que je suis tombé sous le charme du Trail running et SURTOUT de son « Esprit » :

Faisant parti des derniers appelés en France à devoir faire leur service militaire obligatoire et habitant déjà avec ma conjointe, il était préférable que je m’engage afin de continuer de subvenir aux besoins de notre couple. Étant un jeune homme passionné de défis, j’ai cherché un corps d’armée qui allait me sortir de ma zone de confort : Les fusiliers-commandos marines. J’avais le désir ardent de devenir moniteur de sport et quoi de mieux comme préparation que de choisir « les meilleurs ». Toujours de nature optimiste, j’étais infiniment convaincu de ma réussite à suivre ma formation. J’ai donc demandé à ma petite femme de tout quitter pour me suivre à 700km plus à l’ouest de toute sa famille, ses amies…

Je passe avec brio tous mes premiers tests écrits et physiques, il ne me reste plus qu’à franchir la ligne d’arrivée dans le temps imparti d’une des trois marches TAP qualificatives. Marche en langage militaire signifie marche très, très, très rapide avec mon fusil d’assaut, treillis, rangers et sac de douze kilogrammes (25 livres environ) dans le dos. Confiant, je me place en avant du groupe et je part comme un boulet de canon pour me rendre à peine un kilomètre plus loin… complètement essoufflé, je n’avais jamais pensé courir avec tout ce poids sur moi auparavant… Je finis de peine et de misère en courant deux mètres et en marchant difficilement les cinquante suivants. Bien évidemment hors temps,  cette épopée ne me permis aucunement de me qualifier. Toujours optimiste par contre, je me dis qu’il me reste toujours deux chances.

Semaine suivante, je prends le départ de cette seconde course plus sagement en milieu de peloton. C’est une étape plus de type cross country, je me sens mieux que sur l’asphalte la semaine passée qui cognait fort sur le physique. Par contre, ça monte un peu plus et c’est au milieu du parcours arrivé en haut d’une colline qu’un instructeur remarque mon visage rouge écarlate. Je me souviendrais toujours de cet instructeur, toute une pièce d’homme! Il m’arrête, prend mon pouls et me dit d’aller directement à l’infirmerie faire un électrocardiogramme, mon rythme cardiaque était rendu à plus de 200! Je me résigne à l’abandon, de toute façon, je n’avais pas trop le choix… Jouer les rebelles avec ce monsieur ayant des bras qui faisaient deux fois mes cuisses n’aurait pas été une bonne idée… Tout est beau  selon le docteur, on continue ! Je dois avouer à ce moment avoir accumulé une certaine pression mentale moi qui avait choisi de tout quitter et d’embarquer ma femme dans cette nouvelle aventure de vie !

Me voici donc au départ de cette dernière marche qui serait cette fois-ci en trail, à l’extérieur de la base militaire. Après 2 semaines, je commençais à comprendre comment déboulonner mon cerveau pour avancer quoi qu’il m’arrive et surtout mon corps assimilait la différence de courir avec du poids sur le dos. Je pars et je me sens bien. En forêt, ça respire! Je m’oxygène à pleins poumons et je me surprends à prendre de la vitesse. On arrive le long du lit d’une rivière, Le Scorff, sur des galets. Malheureusement, une seconde d’inattention et je me tords sévèrement la cheville… Je m’arrête sous la douleur et beaucoup de pensées émergent dans ma tête : NONNN, tu ne vas pas finir ici Olivier à seulement quelques kilomètres de l’arrivée… Un ami juste en arrière voit toute la scène, s’arrête à mon niveau et ne me demande pas si je vais bien. Non, il me dit :

« Donne moi ton sac Le Méner, je vais te le porter jusqu’à ce que tu ailles mieux »

Oh wouahhh, je suis émerveillé, une lueur d’espoir chasse mes idées sombres!

« Oublie ça, lui dis-je, tu vas pas courir avec 25 kilos sur le dos! »

« Est-ce que je t’ai posé une question Le Méner ? Donne-moi ton sac et Debout, on va avancer ensemble… »

Ce geste restera à jamais gravé dans mon esprit! Outre le fait que nous franchirons la ligne d’arrivée largement dans les temps impartis, cet ami m’a permis d’accéder à mes rêves. L’expression « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » prenait tout son sens. Depuis ce jour, je ne cesse de m’entrainer fort pour être en mesure de porter un jour votre sac si vous en ressentez le besoin. J’adore vous accompagner dans l’exploration de votre immense potentiel autant physique que mental ! L’univers du Trail Running est rempli de cet état d’esprit plus communément appelé « L’Esprit Trail » et après avoir quitté la Marine Nationale, j’y ai trouvé ma place. Mon Amour et ma gratitude pour ce sport proviennent également d’autres grandes aventures de ma vie qu’il me fera plaisir de vous partager dans mes prochains articles de blogue.

 

 

 

Et toi, ton histoire d’Amour avec ce sport débuta comment ?

Prenez bien soin de vous les ami(e)s, A+

 

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